Qui pour diriger le CDN de Caen en 2024 ? (article Sceneweb)

Marcial Di Fonzo Bo ayant pris la direction du Quai, Centre dramatique national d’Angers en septembre, voici la liste des artistes choisis pour présenter un projet pour lui succéder à la direction du CDN de Caen.

Sébastien Bournac

Originaire du Lot-et-Garonne (47), c’est avec les Baladins en Agenais que Sébastien BOURNAC découvre le théâtre dans les années 1980, et avec Marianne Valéry qu’il fait son premier apprentissage du travail de l’acteur (1987/1992). En parallèle de ses études de Lettres et de dramaturgie, il découvre l’art de la mise en scène avec le théâtre universitaire à l’École normale supérieure de Fontenay/Saint-Cloud. C’est une expérience fondatrice. Il fait ses gammes avec Marivaux (La Dispute ; Le Legs et L’Épreuve), Genet (Les Bonnes), Pirandello (La Volupté de l’honneur) et surtout Koltès (Sallinger)…spectacles qui seront présentés tous au Théâtre des Gémeaux à Sceaux dans le cadre d’un partenariat.

Quelques-uns de ces spectacles sont remarqués et primés dans plusieurs festivals universitaires internationaux, notamment Sallinger à Nanterre et à Casablanca. Grâce à des rencontres déterminantes, il découvre à l’arrivée d’Alain Françon le Théâtre national de la Colline et son projet artistique centré avec exigence sur les écritures contemporaines. De 1997 à 1999, il collabore avec la conseillère littéraire Laure Hémain pour l’élaboration de documents dramaturgiques et pédagogiques autour de la saison. Dans la même période, il amorce également une collaboration dramaturgique avec le Théâtre des Amandiers (autour de la réalisation de dossiers dramaturgiques) ; il y croise de grandes figures du théâtre (Matthias Langhoff, Olivier Py, Martial Di Fonzo Bo, Hanna Schygulla…) et est l’assistant à la mise en scène de Jean-Pierre Vincent pour Tartuffe de Molière (1998).

En 1999, il rencontre Jacques Nichet qui l’engage au Théâtre de la Cité – Théâtre national de Toulouse (ouvert en 1998) d’abord comme collaborateur artistique à ses côtés sur plusieurs spectacles, puis ce dernier lui confie la responsabilité artistique et pédagogique d’accompagner les jeunes comédiens de la 3e promotion de “L’Atelier Volant” [2001/2003] avec lesquels il crée un diptyque déterminant dans son parcours à partir de l’œuvre de Pier Paolo Pasolini.

En 2003, il crée la compagnie Tabula Rasa qu’il développe depuis en région et en France. L’histoire de la compagnie est nourrie par des compagnonnages et résidences au long cours dans des théâtres aussi divers que le Théâtre de Cahors [2004/06], le Théâtre de la Digue – Toulouse [2005/10], la MJC de Rodez [2008/11], le Scène Nationale d’Albi [2012/16] et enfin le Théâtre Sorano dont il prend la direction en mai 2016, fort de son expérience de compagnie. À l’heure d’un partenariat artistique très dense avec le Théâtre Sorano, la compagnie TABULA RASA reste toujours l’unique structure de production et l’outil de création de Sébastien Bournac. Avec Tabula Rasa, il développe un travail de création résolument axé sur les textes contemporains et sur les nouvelles écritures pour la scène, à travers notamment des compagnonnages avec des auteur.trice.s vivant.e.s tel.le.s que Daniel Keene, Koffi Kwahulé,
Ahmed Ghazali, Jean-Marie Piemme, Annick Lefebvre, Baptiste Amann… auxquels il passe des commandes d’œuvres. Parmi les spectacles qui sont nés de ces compagnonnages, on peut citer Dreamers (2011) et L’Apprenti (2012) de Daniel Keene, La Mélancolie des barbares de Koffi Kwahulé (2013), Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis (2015) et J’espère qu’on se souviendra de moi (2016) de Jean-Marie Piemme ou plus récemment J’Accuse [France] (2022) d’Annick Lefevre encore en tournée.…

Depuis Marivaux au début de l’aventure de la compagnie, il aime aussi régulièrement se confronter à de libres adaptations de grands textes du répertoire : Un ennemi du peuple d’Ibsen (2018) et L’Éveil du printemps de Wedekind (2017) ou plus discrètement Hamlet avec la création de Peut-Être Pas en 2020. Sébastien Bournac travaille par pages obsessionnelles, opérant des détours, des remises à plat, des approfondissements ou des dépouillements.

L’histoire de la compagnie Tabula Rasa le montre bien ; il est enclin à recréer des pièces (Music-Hall de Lagarce, trois versions) ou à explorer la même matière sous différents angles. C’est le cas avec À Vie – un reportage judiciaire en forme d’interview créé en 2019. Ce témoignage avait inspiré en 1976 un film à Rainer Werner Fassbinder, Je veux seulement que vous m’aimiez – le cinéaste étant une autre source récurrente du travail du metteur en scène, et s’était déjà retrouvé à la source de la pièce commandée à Jean-Marie Piemme en 2016, J’espère qu’on se souviendra de moi. De spectacle en spectacle s’affirme le désir d’un théâtre de notre temps, engagé et vivant, tout à la fois critique et poétique, profondément intempestif et ludique. Un regard sur le monde, lucide, inquiet, traversé par des questionnements sur l’altérité, l’ailleurs, la fragilité des identités et des êtres dans notre société.

Soucieuse de partager le théâtre avec les publics les plus divers, la compagnie alterne des créations dans les lieux théâtraux identifiés avec des formes scéniques nomades, plus souples et légères, propres à investir des lieux non théâtraux et à aller à la rencontre de nouveaux publics. Une démarche de sensibilisation, de médiation et de formation.En marge de son travail de création, la compagnie Tabula Rasa a toujours affirmé une démarche militante d’actions de sensibilisation, médiation et formation auprès de tous les publics : scolaires, adolescents, amateurs, empêchés (ateliers en prison).L’accompagnement de jeunes artistes est inscrit dans le projet artistique même de la
compagnie TABULA RASA depuis sa création. Depuis son expérience de direction pédagogiqueet artistique de l’Atelier Volant au Théâtre national de Toulouse, Sébastien Bournac reste attentif à la formation et à l’accompagnement de jeunes comédien.ne.s vers l’insertion professionnelle. Il a dirigé un grand nombre d’ateliers de créations et de stages d’interprétation avec les
omédiens de l’AtelierCité au ThéâtredelaCité, au Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse, avec la Classe Labo, les Chantiers Nomades…

De 2005 à 2014, Sébastien Bournac a mis par ailleurs en place avec la metteure en scène Virginie Baes un comité de lecture sous le nom Collectif “Mauvaises Herbes” pour promouvoir la découverte et la circulation des écritures du XXIème siècle. Le Collectif a proposé pendant presque dix ans des cycles de quatre à cinq soirées par an autour de la lecture de textes dramatiques contemporains et de la rencontre avec des auteur.rice.s vivant.e.s à l’Espace Culturel Croix-Baragnon (Toulouse).

Aurore Fattier

Aurore Fattier est une metteuse en scène et actrice française basée à Bruxelles.

Après une maîtrise de Lettres Modernes à l’Université Paris X-Nanterre, elle se forme en mise en scène à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS).

Elle créé à Bruxelles, en collaboration avec Sébastien Monfè, dramaturge, sa compagnie SOLARIUM, qui a depuis lors été fréquemment associée au Théâtre de Liège, au Théâtre de Namur et au Théâtre Varia de Bruxelles.

Depuis ses débuts en mise en scène avec Phèdre en 2008, ou La puce à l’oreille de Feydeau, son théâtre s’inspire sous des formes variées d’œuvres classiques et contemporaines.

En 2014, elle adapte au théâtre La Possibilité d’une île de Michel Houellebecq, présenté au festival Emulation, à Bozar, au théâtre de la Balsamine ou encore au Phénix de Valenciennes. Puis, elle met en scène L’Amant d’Harold Pinter en 2015.

En 20126, elle monte Elisabeth II de Thomas Bernhard, avec Denis Lavant, en 2016 en tournée en Belgique (Théâtre de Liège, de Namur, théâtre Varia) et joué en notamment en France aux Célestins à Lyon, au théâtre J. C. Carrière à Montpellier, au Théâtre du Gymnase à Marseille.

Depuis lors, Aurore Fattier crée des formats de spectacles « grands plateaux » et collabore régulièrement avec d’importantes maisons de production théâtrale en Europe (en premier lieu le Théâtre de Liège, le Grand théâtre de la ville de Luxembourg, le KVS-Koninklijke Vlaamse Schouwburg, le Théâtre National Wallonie Bruxelles, le teatre nacional de catalunya…).

La recherche artistique d’Aurore Fattier et de son équipe vise à “cristalliser un point de jonction entre la littérature et l’esprit du temps contemporain”, ce qui suppose parfois de réécrire les textes ou de les agencer avec d’autres matériaux, dans des rapprochements inattendus, pour les faire entendre au présent. Elle adapte ainsi Othello de William Shakespeare, en 2018. Le spectacle est présenté en Belgique (KVS-Koninklijke Vlaamse Schouwburg, Théâtre de Liège, Théâtre de Namur..) et en France notamment aux Célestins à Lyon, Gymnase Marseille, Bonlieu-Scène nationale d’Annecy, au Théâtre de la Cité à Toulouse, ainsi qu’au Grand théâtre de la ville du Luxembourg.

Dernièrement, elle a traduit et mis en scène Qui a peur de l’auteur flamand Tom Lanoye au Théâtre Varia, présenté au théâtre des Doms (vitrine de la création francophone à Avignon), et prochainement au théâtre 14 à Paris.

Sa dernière création, Hedda, variation contemporaine d’après l’Hedda Gabler Ibsen, créé à Liège, et jouée notamment à l’Odéon-théâtre de L’Europe en Mai 2023, s’inscrit dans un cadre du réseau européen Prospero, ce qui lui vaut une tournée internationale (Prospero Extended Theatre est un projet cofinancé par le programme Europe Créative de l’Union européenne qui comprend : Le Théâtre de Liège, Odéon – Théâtre de L’Europe – Paris, Emilia Romagna Teatro Fondazione – Modena, Schaubühne – Berlin, Göteborgs Stadsteater, Hrvatsko narodno kazaliste u Zagrebu, São Luiz Teatro Municipal – Lisboa, Teatros del Canal – Communidad de Madrid, Teatr Powszechny – Warszawa et ARTE). Le Grand théâtre de la ville de Luxembourg et le Taiwan’s National Theater seront également de prochaines étapes.

Actrice, elle a joué au théâtre sous la direction de Michel Dezoteux, Armel Roussel, Philippe Sireuil, Caspar Langhoff, Jan Fabre, ou encore récemment Chloé Dabert (Le Firmament).

Au cinéma, elle joue dans des films d’Alexe Poukine, Catherine Cosme, Thomas Van Zuylen, Jean-Benoit Ugeux, Xavier Serron, Emmanuel Marre.

Sa compagnie Solarium est conventionnée par la Fédération-Wallonie-Bruxelles.

Son travail est accompagné en France par l’agence de production-diffusion Altermachine.

Artiste associée à la Comédie-CDN de Reims, elle créera prochainement un spectacle en itinérance, Paysage avec traces , Episode 1 : Grand Est, d’après des textes de V. Despret et B. Morizot.

Aurore Fattier est également artiste associée au Théâtre de Liège.

Elle dirigera enfin son premier opéra, Katia Kabanova de Leos Janacek, commandé par l’O.R.W, sous la direction du Maestro Andreij Yurkevych.

Simon Falguières

Auteur, metteur en scène et comédien, Simon Falguières est le directeur artistique de la compagnie Le K implantée en Normandie depuis 12 ans. Après une dizaine de créations, il écrit et met en scène en 2018 son premier spectacle jeune public, Poucet. Le texte est édité en Mars 2020 à l’Ecole des Loisirs.

Il crée en Janvier 2019 la première version de Le Nid de Cendres au Théâtre du Nord CDN de Lille Tourcoing Hauts de France. Entre 2017 et 2019 il crée sept épisodes d’un journal intime théâtral intitulé Le Journal d’un autre qu’il joue seul en scène.

En 2020 il écrit et met en scène Les Étoiles, au Théâtre National de la Colline. La pièce est éditée à Actes Sud Papiers.

En Juillet 2022 il met en scène l’intégrale du Nid de Cendres, treize heures de spectacle, au Festival d’Avignon à la FabrikA. Le texte est édité à Actes Sud Papiers pour l’occasion.

Il tourne ses spectacles dans de nombreux théâtres de Normandie, Le Préau CDN de Vire et la Comédie de Caen où il est artiste associé, mais aussi le Tangram SN Evreux-Louviers, Le CDN de Rouen Normandie, DSN, Le Trident SN Cherbourg en Cotentin ainsi qu’au réseau national Théâtre de la tempête, Théâtre de Nanterre Amandiers, Théâtredelacité de Toulouse, Tréteaux de France.

Il crée en 2022 et 2023 trois pièces : Le Rameau d’Or au Conservatoire National Supérieur d’art Dramatique de Paris, L’Errance est notre vie avec la Belle troupe du Théâtre de Nanterre Amandiers et un solo Morphé.